Désillusions et inégalités face au vote du sénat

Le vote du sénat sur la loi Blanquer a profondément changé le texte initial (28 articles nouveaux pour 12 inchangés) validé par l'assemblé nationale en 1ère lecture .
Tour de table :
  • Retrait de l'article consacrant les EPSF (cité scolaire):

Le ministre reconnait le brouillon d'un sujet qui méritait d'être approfondi. La mobilisation des parents et enseignants a eu raison de démontrer ce que la FCPE dénonce depuis longtemps sur cette verrue apparue au dernier moment dans les textes de ladite loi. La vigilance reste de mise sur la création des cités scolaires..

  • EPLEI (établissement public locaux d'enseignement internationaux) entérinés:

Décriés par son caractère inégalitaire (admission sur critères dérogatoires), ces établissements ont été maintenus par le sénat. La FCPE reste très mobilisé contre cette discrimination à la sélection pour des élèves parlant une langue étrangère qui ronds avec la volonté d'une école de la république pour TOUS..

  • fin du CNESCO (conseil national d'évaluation du système scolaire): 

Malgré une forte mobilisation des certains sénateurs, le conseil d'évaluation de l'école (CEE) sous la direction du ministre est validé avec des changements comme la présence de personnalités nommés notamment par le premier ministre mais qui mets fin au CNESCO, malgré l'appuie de la FCPE, puisque indépendante du ministère. Sa disparition pose la question de l'évaluation indépendante sur l"école. Cette institution a su démontrer maintes fois la qualité de ces notes et publications qui ont permis d'enrichir la réflexion sur des thématiques très diverses.

  • PIAL (Pôles Inclusifs des Accompagnements Localisés) maintenus:

Ce qui aurait permis la création d'une corporation d'accompagnants œuvrant pour et auprès des enfants en situation de handicap, la loi se borne à un référentiel formation pour les AESH, sans pérennisation au delà de 3/6ans d’activité et avec le travers d'une gestion collective des enfants alors qu'on sait l'importance d'un accompagnement individualisé.

  • Financement des écoles maternelles privées :

L'assemblée nationale avait limité le financement de l'obligation de scolarisation des enfants à partir de 3ans aux seuls établissements sous contrats, le sénat a étendu le financement à l'ensemble des établissements, entièrement compensé par l'état pour aider les communes. Résultat, on parle de 200 millions .. sans aucun droit de regard sur l'utilisation des moyens alloués.

  • Jardins d'enfants maintenus.. 

On estime à 10 000 enfants plutôt privilégiés actuellement sur les grands zones urbaines bénéficiant d'un statut à part en parallèle d'une structure de maternelle accueillant des enfants à compter de 3ans. Le sénat entérine leur forme et existence.

  • Incompréhension sur la place des parents ..

On a noté l'arrivée des .. 

  1. Si le maire refusait l'inscription, la saisie du directeur académique (DASEN) pouvait d'office valider l'inscription d'un enfant.. disparu
  2. La visite médicale obligatoire à 3 ans ne sera pas effectué par l'éducation nationale..  mais au profit des PMI
  3. Les inscriptions à la cantine pourront être dorénavant ..refusé.. motif .." dans les limites des places disponibles".
  4. La suppression des allocations familiales aux enfants absentéistes.
  5. accompagnatrices voilées interdites.

 

.. Pour les enseignants, les modifications sont plus nombreuses (au moins une dizaine d'articles nouveaux); on notera:

  1. Formation maintenant obligatoire dans le second degré et durant les congés sans être obligatoirement rémunérés.
  2. Devoir de réserve maintenu et renforcé, pouvant aller jusqu'à la sanction
  3. Les directeurs d'écoles deviendraient les supérieurs hiérarchiques des professeurs des écoles
  4. règles d'affectations modifiées avec droit de regard du chef d'établissement.
  5. Assistants d'éducations pourront effectuer des remplacements.

 

et maintenant..

Le texte final du Sénat est très différent de celui de l'Assemblée. Après son adoption par le Sénat le 21 mai, une commission mixte paritaire regroupant sénateurs et députés va se réunir. Le gouvernement veut un compromis pour appliquer le texte dès la rentrée. En cas de désaccord le texte reviendrait devant les assemblées et la loi perdrait une année.

La FCPE s’est mobilisée depuis de début de l’examen de ce projet de loi devant l’Assemblée nationale. Après le passage au Sénat, la mobilisation doit plus que jamais se poursuivre.

Votre bureau du Maine et Loire